Les schémas tactiques

13 juin 2016

Toute personne ayant déjà passé plus de 5 minutes à écouter un fan de football s’animer autour de sa passion a certainement eu la joie d’entendre une liste de chiffres sans pour autant comprendre ce que venait faire le code d’un coffre-fort dans ce monologue sportif, mais sans oser non plus l’interrompre pour le lui demander…

En tant que supportrice compatissante, je vais essayer de vous donner les clés pour comprendre ce trésor qu’est le schéma tactique. 😉

Introduction

La somme des chiffres est toujours égale à 10, alors que le nombre de joueurs sur le terrain est de 11, mais pourquoi ?

Et bien tout simplement parce que le gardien de but est le seul poste obligatoire et que son poste est fixe, il n’est donc pas utile de l’inclure dans le schéma tactique.

Ensuite, pour bien lire un schéma tactique, on part du goal et on va vers le camp adverse, soit de la défense vers l’attaque en définissant des « zones » : défense / milieu / attaque.

4 – 4 – 2

Schéma 4 - 4 -2Schéma basique et grand classique du football contemporain, il est constitué de 3 lignes de joueurs : 4 défenseurs (2 centraux et 2 latéraux), 4 milieux (2 centraux et 2 latéraux, généralement plus offensifs) et 2 attaquants centraux.

Parmi les entraîneurs qui affectionnent ce système, on peut citer Christian Gourcuff (FC Lorient, Stade Rennais, équipe nationale d’Algérie).

4 – 3 – 1 – 2 / 4 – 1 – 3 – 2

Schéma 4 - 3 - 1 - 2Aussi appelée 4 – 4 – 2 en losange, cette tactique permet de consolider défensivement le milieu de terrain tout en ajoutant un offensif chargé de conduire le jeu et de distribuer les ballons aux attaquants.

Mais en contrepartie, le losange libère des espaces sur les côtés, permettant aux adversaires de tenter de renverser le jeu dans ces zones disponibles.

Très utilisé en Argentine d’où il est originaire, le 4 – 4 – 2 losange a depuis trouvé de nombreux adeptes dans tout le Monde et notamment le Milan AC de Carlo Ancelotti (2001 – 2009).

4 – 3 – 3

Schéma 4 - 3 - 3

Logiquement plus offensif que le 4 – 4 – 2 grâce à un nombre plus important de joueurs dédiés à l’attaque, le 4 – 3 – 3 est parfois mis en place en cours de jeu, par exemple quand l’entraîneur d’une équipe menée au score estime que ce schéma pourrait lui permettre de revenir voire même idéalement de remporter la partie.

En contrepartie, les latéraux doivent être plus mobiles pour à la fois défendre lorsque cela est nécessaire et déborder dans les couloirs pendant les phases d’attaque.

Le FC Barcelone compte parmi les clubs adeptes de ce schéma, avec toute la réussite qu’on leur connaît.

5 – 3 – 2

Schéma 5 - 3 - 2

Il s’agit d’un système très défensif, souvent utilisé par des équipes ne disposant pas d’une attaque performante et qui jouent contre des équipes plus fortes pour « verrouiller » le jeu.

On remarque régulièrement l’utilisation de ce schéma tactique par des petites équipes lors des matchs de coupe à élimination directe (Coupe de France par exemple) pour éviter de prendre des buts et pouvoir espérer faire la différence sur un contre ou un exploit individuel.

3 – 5 – 2

Schéma 3 - 5 - 2

Ce système est essentiellement basé sur la maîtrise du milieu de terrain en créant le surnombre par rapport à l’adversaire, et génère généralement des matchs basés sur l’attaque et la contre-attaque, plaisants à regarder.

Plus offensif que le 5 – 3 – 2, il est difficile à maintenir en place lorsque l’équipe est menée au score, et ne permet généralement pas de maîtriser la possession du ballon.

La Juventus de Turin utilise la qualité de relance de ses défenseurs et les possibilités de relais des milieux pour mettre en place ce schéma.

5 – 4 – 1

Schéma 5 - 4 - 1 : le Catenaccio

Le fameux Catenaccio, c’est lui ! Comme son nom l’indique (« cadenas » en italien), il s’agit de verrouiller complètement le jeu de l’adversaire en mettant toute l’équipe ou presque en défense.

Ainsi, l’équipe adverse a le pied sur le ballon mais aura bien des difficultés à percer les lignes successives de la défense.

Bien que pas franchement agréable à regarder, ce schéma peut être utile notamment en match retour de Ligue des Champions pour conserver une faible avance (1-0 à domicile au match aller par exemple) et ne pas risquer de prendre un but en contre.

Des discussions autour de la composition de l’Equipe de France championne du Monde en 1998 ont eu lieu pour définir si le schéma tactique mis en place était ou non un Catenaccio, car bien que basée sur une défense solide, l’attaque n’était pas en reste non plus !

3 – 4 – 3

Schéma 3 - 4 - 3

Le positionnement des joueurs sur le terrain peut être assez proche de celui d’un Catenaccio mais les joueurs eux-mêmes n’ont pas les mêmes vocations, et le résultat est plus orienté vers l’attaque, avec des possibilités de passer en 4 – 4 – 2 en fonction de l’évolution du score.

Parmi les équipes ayant adopté ce système de jeu, on notera des clubs Italiens tels que le Genoa ou le Napoli.

3 – 3 – 3 – 1

Schéma 3 -3 - 3 - 1

Schéma tactique peu courant, il est particulièrement apprécié par Marcelo « El Loco » Bielsa, notamment lors de son passage sur le banc de l’Olympique de Marseille entre 2014 et 2015.

Le principal avantage de ce système est de pouvoir s’adapter au 4 – 4 – 2 classique ou en losange de l’équipe adverse et d’effectuer un marquage individuel, proche.

Au sujet de l'auteur : Maïlis

Passionnée de ballon rond depuis ma plus tendre enfance, je m'anime dès que le mot "football" est prononcé et j'adore passer des heures à pronostiquer, commenter puis débriefer autour de tous les matchs que j'ai la possibilité de voir...
Et je n'hésite pas à adapter mon planning lorsqu'une rencontre importante est programmée !

Un commentaire

  1. Bravo Maïlis!! Je vais être incollable sur les schémas tactiques de placement des joueurs maintenant! Quelle expertise!
    Go go go l’euro!!

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